vendredi 16 novembre 2007

À propos de ce blog de voyage...

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Mabul

[ Ci-dessus, l'île de Mabul. Malaisie - juillet 2006 ]

mercredi 11 juillet 2007

Tana Toraja, c'est plus fort que toi

IMG_1107_KeteKesuCi-contre, le village traditionnel de Ke'te Kesu, au sud de Rantepao, avec ces maisons typiques du pays Toraja, au toit incurvé, façon coque de bateau ou cornes de buffle...
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Première journée fantastique en pays Toraja (Tana Toraja), dans le sud de Sulawesi. Une région de rizières et de montagnes d’une grande beauté, là encore très chrétienne, et très accrochée à ses traditions, avec ses greniers à riz et ses maisons tongkonan, pourvus de ce toit typique du pays Toraja, en forme de bateau ou de cornes de buffle, selon les interprétations.



IMG_1006_processionHJ’ai assisté à une cérémonie funéraire dans le village de Rembon, au sud-ouest de Rantepao. Dans le genre introduction spectaculaire aux coutumes traditionnelles du pays, on ne fait pas mieux.



C'est une sorte de grande fête campagnarde, mêlant croyances animistes et chrétiennes, pour un ultime hommage collectif au défunt. Une cérémonie fastueuse, sidérante, tres intéressante, qui dure souvent plusieurs jours. Et pas du tout le “piège à touristes” que je craignais un peu.



Outre la famille proche et élargie, quantité d’invités extérieurs sont conviés à la fête. Car c’est une fête. Gaie et colorée, spectaculaire, entre kermesse animée et grosse réunion de famille conviviale. Les touristes étrangers comme les autres visiteurs sont les bienvenus. Il suffit d’apporter un petit présent symbolique (en général, une cartouche de Kretek, les cigarettes locales, fait l’affaire).



Je m'y suis rendue avec une famille de Hollandais, Suzanna, Johann et leurs trois enfants, avec qui j'ai sympathisé dans le bus Makassar-Rantepao. Huit heures de trajet, ça laisse le temps de faire la causette... Pour se rendre à la cérémonie, on a affrété un minibus modèle “famille nombreuse”, avec un guide, pour ce premier jour, bien qu'eux comme moi apprécient l'indépendance, question voyage. Mais on a bien fait. La région étant touristique, on trouve ici des gens qui parlent anglais, et même français, et les explications du guide nous ont bien éclairés sur l'étrangeté de cet enterrement, très éloigné de nos rites occidentaux.



IMG_1005_processionFL'une des petites-filles du défunt, venue pour l'occasion de Makassar, où elle habite, nous a très gentiment accueillis dans un très bon anglais et tout de suite mis à l'aise. Les “invités” extérieurs sont conviés à s'asseoir sur des nattes, sous des espèces d'auvents numérotés. On nous a servi à boire et à manger. Et la jeune femme nous a cordialement invités à prendre toutes les photos souhaitées, à filmer, à circuler partout, parmi la foule ou les gamins courant en tous sens, au milieu des danseurs en costume tradi, chemise de soie chatoyante et sarong noir, entre les buffles aux cornes ornées de papier doré et les cochons vautrés dans la gadoue.



0957_SulawesiNous sommes un peu intidimidés au début. Pourtant rien de contraint ni d'empesé durant cette cérémonie funèbre. C'est tout le contraire.


La famille et les invités indonésiens eux-mêmes, armés de camescopes et appareils-photos, mitraillent. Les trois enfants de Suzanna et Johann, blonds comme les blés, sont la grande attraction. Tout le monde veut poser avec eux. Même la veuve, qui fait asseoir le petit Jelle, 7 ans, dans son palanquin à côté d'elle...



C'est une célébration joyeuse, animée. Discours, chants, prières, danses se succèdent dans la cour en terre battue, où trône le cercueil en bois rouge vif, dans lequel va être transféré le corps du défunt. Défunt qui attend patiemment depuis deux ans, embaumé et momifié dans son cercueil de bambou provisoire, au moyen de plantes médicinales et de linges... “Notre” mort est donc mort depuis longtemps. Mais pas tout à fait, selon les rites Toraja. Tant qu'on le garde à la maison, en attendant d'avoir réuni l'argent nécessaire pour des funérailles dignes de ce nom, il est considéré comme appartenant encore au monde des vivants, un peu comme le serait pour nous une personne dans le coma.



IMG_1329_ceremonie2Ci-contre, une autre cérémonie funéraire, moins fastueuse que celle de Rembon. Cortège croisé lors d'une balade à moto, le surlendemain, dans un petit village paumé dans les montagnes et les rizières, au nord de Rantepao...
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L'été, juillet-aout, est la saison des funérailles. Il y en a partout, quasiment tous les jours, dans les villages Toraja autour de Rantepao, gros bourg sale et sans charme, mais où les gens sont super sympas. Pour la cérémonie de Rembon, où je me trouvais avec les Hollandais, c'était le jour de la procession.



Le cercueil est déposé dans une sorte de palanquin de bambou, avec un toit tongkonan. Les hommes le hissent sur leurs épaules et le font sauter et danser, en poussant des cris stridents et des hurlements de joie, précédés par le cortège des femmes en noir, tenant au-dessus de leur tête une longue bande de tissu rouge. En tête du défilé, des danseurs, avec lances et boucliers, qui bondissent en poussant d'énormes éclats de rire. Les buffles qui seront sacrifiés ferment la marche.



0953_SulawesiTout le monde suit et accompagne le cortège dans une joyeuse bousculade, courant à droite et à gauche pour mieux voir, pour prendre encore une photo, pour rattraper le reste de la famille. Après, retour à la maison de funérailles, et sacrifice d'un premier buffle, suivi de nouveaux chants et danses. Pas très ragoûtant (je ne vous mets pas la photo), mais le gars savait précisément où trancher. “Propre” et rapide, malgré tout. Une impressionnante gerbe de sang jaillit, à peine le geste achevé. La bête s'écroule. En une minute ou deux c'est fini. Ultimes soubresauts, puis les danseurs reforment leur cercle autour du buffle sacrifié. Là, on est parti. Les Hollandais avaient vite éloigné leurs deux filles et leur fils, mais l'aînée, très sensible, a pleuré à chaudes larmes en apercevant le cadavre du buffle à terre...

mardi 10 juillet 2007

De l'efficacité des prières sur Lion Air

0850_SulawesiAujourd'hui je m'envole pour l'autre bout de Sulawesi avec Lion Air.



Vol Manado-Makassar, départ 7h55, arrivée 8h30, réservé auprès de la très efficace agence Star Express de Manado, pour 769 000 Rp (environ 60€). C'est le tarif haut, paraît-il, vu que je suis en pleine période de vacances indonésiennes. L'avion est plein comme un œuf. Je suis la seule Occidentale.



Je ne compte pas m'arrêter à Makassar, mais enquiller direct avec un bus pour Rantepao. Je sais qu'il y en a un à 10h, mais j'ai déjà fait une croix dessus, pensant plutôt prendre celui de 14h. Je ne suis pas sûre que l'avion parte à l'heure, et à l'arrivée je risque de perdre pas mal de temps à récupérer les bagages, après quoi il faudra prendre un taxi pour le terminal des bus, qui n'est pas exactement à côté de l'aéroport. Mais j'oublie qu'en Indonésie, le temps a parfois des vertus élastiques...



0846_SulawesiLe “Mega Mall” de Manado, avec tout autour, des galeries marchandes et panneaux de pub pour des marques bien connues...
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Rentrée de Tomohon hier, en fin de matinée, je n'ai pas voulu retourner au Minahasa. J'ai opté à la place pour un autre hébergement de gamme moyenne, l'Hotel Central de Manado. Pas grand-chose à en dire, sinon qu'il est lui aussi stratégiquement situé sur Jalan Sam Ratulangi, mais beaucoup plus proche de ce que je considère comme le “centre”: à savoir les galeries marchandes du Mega Mall (avec le super Internet Center high-speed au dernier étage) et les petits restos sympas face à la mer juste derrière.



Pour 180 000 Rp + 10% on a une chambre “deluxe”, c'est-à-dire de l'eau chaude, des draps propres, la télé et l'air conditionné. J'hérite d'une chambre aveugle, la seule dispo quand je me suis pointée. Bref, un hôtel sans charme, purement fonctionnel, mais qui fait bien mon affaire pour la nuit. Taxi pour l'aéroport à 70 000 Rp. Manado n'est décidément pas bon marché pour les touristes en vadrouille.



À l'aéroport, il faut encore régler les 30 000 Rp de taxe domestique après l'enregistrement. Un malotru a tenté de me griller dans la queue devant la balance à bagages en posant son sac sur le plateau, mais je l'ai vite remis à sa place. Non mais! Je suis touriste peut-être, mais pas complètement demeurée.



0851_SulawesiSur le tarmac, dominé par le profil pentu du mont Lokon, je jauge du regard l'avion de Lion Air que je vais prendre. Ça a l'air correct. J'ai appris par Christiane de Froggies que les compagnies indonésiennes viennent d'être mises sur une “liste noire” en Europe. Mais franchement, ça ne me fait pas plus peur que ça.



Bon, une fois à l'intérieur, je remarque quand même que la bande lumineuse au sol, censée indiquer les issues de secours, est fendue et réparée avec du scotch. Je préfère ne pas imaginer que le reste de l'appareil est peut-être rafistolé à l'identique...



0853_SulawesiJe suis franchement amusée par la découverte que je fais dans la pochette de mon siège: un document baptisé Invocation Card, bien plus fascinant que la doc des consignes de sécurité. Il contient des prières, en indonésien et anglais, pour toutes les confessions ou presque, afin que le voyage se déroule bien.



Les prières, pour les musulmans, protestants, catholiques, hindous et bouddhistes, disent en substance ceci : «Ô mon Dieu, faites que cet avion arrive sans encombre, que les éléments nous soient favorables, et que l'équipage nous conduise sains et saufs à destination, Amen.» J'ai lu toutes les prières, d'un bout à l'autre, et ça a marché. On est arrivé à bon port à Makassar. Avec pas mal de retard, quand même, vu que l'avion n'est pas parti à l'heure.



Je perds encore un peu de temps à l'aéroport, à bavasser avec de gentils rabatteurs qui ont vite repéré que je voulais aller à Rantepao. L'un veut m'envoyer chez son pote hôtelier, l'autre chez son boss tour-opérateur. Mais je fais la fille qui a déjà sa résa d'hôtel et sait parfaitement où aller pour visiter le pays Toraja. Alors, comme je suis française, il me font l'étalage de leurs «Bonjour, comment ça va?» et me parlent de Zidane.



Mais voilà que mue par une intuition soudaine, je décide de ne pas traîner davantage et de filer à mon terminal de bus. Les rabatteurs consultent leur montre, dubitatifs. Me font gentiment remarquer que j'ai largement le temps, pour le bus de 14h. C'est qu'ils continueraient bien à me faire la causette, les gars... Mais ils restent sympas et courtois, me conduisent tous ensemble au comptoir des taxis “prepaid” et portent même mes sacs... Pfff. Trop facile.



Le terminal des bus pour le nord se trouve en “zone 1”, tarif 64 000 Rp. Le trajet n'est pas si long que ça. Sur place, je ne me laisse pas impressionner par la horde de rabatteurs-arnaqueurs-harceleurs du parking, qui fondent sur les voyageurs débarqués des mikrolets et taxis, et je marche droit vers le guichet du quai, auquel ils n'ont pas accès (il faut payer 500 Rp).



Là, je découvre un beau-grand bus de la compagnie Litah. On fourre aussitôt mes sacs dans la soute. Je ne suis pas plus tôt vautrée dans une énorme fauteuil inclinable, à goûter la fraîcheur de l'air conditionné, que le bus s'ébranle.



0865_SulawesiRelief rocheux spectaculaire, aux portes du pays Toraja, à environ 1h30 de Rantepao.

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Je n'en reviens pas de ma chance. Il est 10h35. Et je viens bel et bien de choper le fameux bus de 10h, c'est marqué sur mon ticket. Hé hé ! Je m'autocongratule, pas peu fière de moi. Ça veut dire que je vais arriver à Rantepao vers 18h30-19h. Et surtout, pouvoir admirer les paysages montagneux, réputés splendides, aux portes du pays Toraja, car on y sera avant la tombée de la nuit! Chose impossible avec le bus de 14h.



Je m'abandonne béatement à ces réjouissantes réflexions, songeant que j'ai sûrement bien fait, quand j'étais supendue entre ciel et terre, d'adresser toutes ces prières à plusieurs dieux à la fois... Merci Lion Air!

dimanche 8 juillet 2007

Virée à moto entre lacs et volcans

cratereLe cratère du mont Mahawu, un volcan à demi endormi, juste à côté de Tomohon.
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À 7h tapantes, comme prévu, Anto est là avec sa moto. Première étape de notre parcours, concocté pour nous par le guide Yoce: le mont Mahawu.



Grimpette facile, même pour une non-marcheuse comme moi. En 40 minutes, sous l'ombre rafraêchissante d'une forêt mêlant végétation tropicale, avec bosquets de bambous plus gros que ma cuisse, et conifères, on rejoint le bord du cratère de ce volcan en sommeil. Au fond, de drôles de petits lacs verts et bleus, et de la roche jaune souffrée.



La vue est superbe, le ciel est clair et dégagé, si bien qu'on voit jusqu'à la mer. Tout au loin, dans la chaleur bleutée, on distingue même les îles de Manado Tua et Bunaken.



En chemin, on croise un groupe de jeunes Indonésiens qui ont campé sous la tente, un peu plus bas. La destination est populaire, le week-end. La jeune fille du centre internet où je rédige ces lignes, est venue me dire, en apercevant la photo ci-contre, qu'elle y est allée avec des amis il n'y pas longtemps, et qu'ils sont même descendus, avec des harnais d'escalade, au fond du cratère...



danau_linowNous repartons ensuite pour Lahendon, admirer un autre phénomène tellurique: le lac de souffre vert Danau Linow (danau signifiant lac).



La couleur vert jade de ce lac toxique, sans poisson ni nénuphars, entouré de sources d'eaux chaudes et d'émanations gazeuses, est stupéfiante. Un vert intense, violent, comme artificiel.



Anto m'emmène ensuite à Sonder, gros bourg plein de fleuristes, comme Tomohon, ou sèchent les clous de girofle le long de la route, étalés sur des toiles ou des bâches. Notre but, une impressionnante cascade, planquée non loin de la route, dans un bout de jungle. «Dua puluh lima meters», m'affirme-t-il. Les nombres, en indonesien, je maîtrise: 25 metres de haut, donc. J'opine du chef et il pointe le doigt sur mon appareil-photo. OK. Je prends la pose devant la cascade et il me tire le portrait.



churchNous traverserons ensuite plusieurs villages, dont celui de Kawahgkoan (sauf erreur de ma part), spécialisé dans la fabrication de céramiques, au milieu de très beaux paysages de rizières, par de petites routes de campagne. La balade est sympa comme tout.



Comme c'est le jour du seigneur, il y a plein de gens endimanchés dans les villages, aux abords des églises. Et je ne résiste pas au plaisir de photographier un de ces incroyables édifices, kitsch à souhait...



tondano_lake Nous terminons le parcours par l'immense lac de Tondano. Un lac aux allures de petite mer, avec des vagues et le vent qui souffle. Il y a plein de restos au bord de l'eau, où on sert bien évidemment du poisson du lac. Nous déjeunerons là et je tenterai bravement de faire la conversation à Anto, armée de mon petit guide Assimil.



N'empêche, les langues, c'est toujours quand on est vraiment obligé de s'y mettre qu'on fait des progrès spectaculaires... Depuis ma virée à moto avec Anto, je n'ai jamais aussi bien parlé. Outre les formules de politesse courante que je maîtrise déjà à peu près, j'ai appris plein de nouveaux mots: monter, haut, chaud, beau, fatigue, descendre, lentement, vert, source et cascade, poisson, délicieux (mais oui, il était excellent ce poisson du lac!), rassasiée, etc. My bahasa indonesia is rich!!!



Le soir, avec Yoce, je continue la leçon. Son rêve à lui est d'apprendre sérieusement le francais, dont il ne connaît que quelques phrases et quelques mots. Il me fait répéter des formules basiques en indonésien, après le dîner. M'enseigne les mots à introduire pour indiquer le passé, le présent continu, le futur. Je traduis pour lui en français le menu du restaurant. En plus d'être guide, Yoce se pique de faire en “free-lance”, dixit himself, le reporter pour ce que je suppose être la feuille de chou locale.



Je m'écroule dès 8h30-9h, épuise par ma virée de la journée. «Salamat tidur! Bonne nuit!» Le soir à Tomohon, grâce à la légère altitude, il fait frais. C'est bien agréable, de sentir la température varier entre le jour et la nuit. Et ça change de la touffeur de Manado. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de moustique!

samedi 7 juillet 2007

Cap sur Tomohon

marketEntraperçu par la fenêtre du mikrolet, un petit bout du marché de Manado, près du terminal Karombasan...
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Maintenant que je suis la reine du mikrolet, j'embarque sans hésiter dans le premier minibus bleu qui affiche “Karombasan” direction “Wanea”. Karombasan est le terminal des bus au sud de Manado.



Je suis lestée de mes gros sacs, mais un aimable monsieur et sa femme, qui partent passer le week-end à Tondano, comme beaucoup de citadins, s'emparent de mon sac de plongée et me conduisent gentiment jusqu'au bus pour Tomohon, dans le terminal gavé de monde où chacun se presse entre les bus et les mikrolets. Les gens sont vraiment d'une immense gentillesse, ici, avec les touristes égarés...



lokonArrivée sans encombre à Tomohon, dans un bus deglingué, qui, par on ne sait quel miracle, roule toujours. Au fil des lacets de la route, je découvre la beauté de la région, champs cultivés, petites bourgades provinciales, bouts de forêt, et le panorama sur Manado et sa baie. C'est relativement rapide, trois quarts d'heure de trajet.



À Tomohon, j'opte pour le Happy Flower Homestay, qui appartient également à Tommy, l'Indonésien qui tient Froggies avec Christiane. Le jardin est joli, mais les quatre bungalows commencent à montrer leur âge. L'eau chaude ne fonctionne que dans deux chambres sur quatre... Et le ménage n'est visiblement pas fait bien souvent. Tant pis. Bungalow à 120 000 Rp. J'ai la flemme d'aller visiter les deux guesthouses voisines. Je me pose.



Ceci dit, j'ai bien fait d'opter pour le Happy Flower, car Tommy est venu passer le week-end en famille. C'est le seul à parler anglais ici, en dehors d'un guide que je rencontrerai plus tard, qui a ses quartiers ici. Tommy, très sympa, passe un coup de fil, et m'arrange une virée à moto pour le lendemain.



happyflowerMon pilote sera Anto. Un gars gentil comme tout, mais avec qui la conversation est extrêmement limitée, vu que son niveau d'anglais est encore pire que mon niveau d'indonésien...



J'apprends, le soir, au retour de Yoce (prononcer Yotché), le guide qui bosse pour le Happy Flower Homestay et qui fait visiter le coin aux rares touristes de passage, que j'ai raté la «french family». Eh oui ! Olivier et Ariane ont dormi ici, et ils viennent de repartir à Manado, avec leur trois filles. On s'est manqué de peu, simplement parce que dans l'après-midi, je me suis fait une virée au café-internet du coin, pas très loin du homestay.



C'est plaisant et rafraîchissant, Tomohon. Grosse bourgade de province paisible, très étalée, avec tout plein d'églises là encore. J'ai aperçu plusieurs mariages depuis mon mikrolet, avec demoiselles d'honneurs en robe rose bonbon et fanfare...

vendredi 6 juillet 2007

Les “mikrolets” de Manado

vue_manadoVue sur Manado, depuis le Minahasa Hotel, avec, au fond, le triangle bleu de Manado Tua, l'île-volcan située juste à côté de Bunaken.
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C'est à regret que je quitte aujourd'hui mon splendide bungalow avec vue de chez Divers Lodge. En même temps, je ne suis pas fâchée de rompre avec l'isolement du resort, et de retrouver la vraie vie et les vrais gens, comme dirait l'autre.



Retour à Manado, donc, pour un journée étape, le temps de réserver mes billets d'avion pour le pays Toraja et organiser mon trajet pour les îles Togian. Demain, je file me mettre au frais dans les montagnes à proximité, à Tomohon, au pied du volcan Lokon.



Je me suis installée à l'hôtel Minahasa, sur le grand boulevard Sam Ratulangi, me fiant au Lonely Planet. J'ai eu tort... Les chambres “standard”, qui valent quand même 135 000 Rp (un peu plus de 10€) sans compter les 10% de taxe gouvernementale, sont vétustes, tristes et bruyantes. Les chambre “deluxe”, de petits bungalows sis dans un joli jardin à l'arrière, semblent nettement plus agréables, mais bon, ça va quand même chercher dans les 215 000 Rp (+ les fameux 10%) et en plus, ils sont en train de faire des travaux dans leur nouveau bâtiment au-dessus. Bof.



Tant pis, pour une nuit, je garde mes roupies et j'opte pour la “standard”. On m'invite gentiment à profiter de la piscine flambant neuve, sauf que ça ne me dit rien de nager sous le regard des ouvriers. Et puis j'ai nettement plus urgent à faire: filer à l'agence de voyage Star Express, recommandée par Christiane, pour mes billets d'avion.



mikroletsC'est là que ça se corse. Pour se déplacer à Manado, comme partout en Indonésie, d'ailleurs, il y a les mikrolets (appelés également bemos dans d'autres coins). Des minibus bleu clair, qui sillonnent les rues dans un ballet incessant, qu'on arrête où on veut d'un geste de la main et dont on descend où on veut. Le truc, c'est de savoir quel mikrolet prendre, quand on n'a qu'une idée très vague de la géographie de la ville...



La jeune femme à la réception de l'hôtel m'a inscrit sur un bout de papier le nom des directions que je dois prendre, mais je suis un peu perdue. Si j'ai tout bien compris, je dois descendre à un carrefour, au bout du boulevard, vers le nord, pour prendre un autre mikrolet à destination du terminal Paal 2... Avec ça, faut se débrouiller.



Heureusement, les passants sont plus que serviables et m'aident à arrêter un mikrolet qui va dans la bonne direction. Le chauffeur interpelle peu après un de ses confrères par la fenêtre, à un carrefour envahi de minibus bleus. Me fait signe de descendre et de monter dans l'autre. Impec! Quelques minutes plus tard, celui-ci me dépose pile devant mon agence. C'est top, les mikrolets! Et pas cher: 1 700 Rp la course dans Manado... même pas 15 centimes d'euros.

jeudi 5 juillet 2007

Lembeh : cargos rouillés et plages de sable noir

04_coucherCoucher de soleil spectaculaire, derrière le volcan qui fait face à Lembeh, auquel s'accrochent les nuages.
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Dernier jour à Lembeh. Le temps passe décidément trop vite!



C'est un drôle de coin, ce détroit. D'un côté, l'énorme port de Bitung. Il y a là des ferries, de gros cargos en escale, un va-et-vient permanent d'embarcations de toutes tailles, qui ravitaillent les différents coins de l'île de Lembeh juste en face ou qui rentrent de la pêche.



À quelques encâblures de toute cette activité, on aperçoit, çà et là, de vieilles coques rouillées, à l'abandon, qui se délitent tranquillement dans les eaux du détroit.



10_plagenoirMais il suffit d'à peine quelques minutes de navigation, pour tomber sur un paysage complètement différent.



Des falaises surmontées de jungle, entrecoupées de petites plages de sable noir, nichées dans leur ceinture de cocotiers. Quelques bicoques en bois, des bateaux traditionnels à balancier amarrés devant. À l'horizon, toujours présente, l'ombre des volcans.



On fait en général escale le midi près de l'une de ces plages, pour le déjeuner, suivi d'une petite sieste bien méritée, avant d'attaquer la deuxième plongée du jour.



12_cargosLe contraste entre la zone portuaire et le chapelet de plages un peu plus loin surprend au début.



Et c'est toujours une sensation un peu étrange, quand on croise dans les eaux du détroit, avec le bateau de plongée, de passer devant les gigantesques navires amarrés aux quais de Bitung ou mouillant un peu plus au large.



Je me fais chaque fois la réflexion, quand nous rentrons, m'étonnant que la faune sous-marine soit encore si riche, ici, avec la pollution sans doute pas négligeable que doit générer une activité portuaire comme celle-là...



Pour l'heure, je savoure mon dernier jour de plongée, en ignorant stoïquement les élancements douloureux dans mon oreille droite... Non mais! D'ailleurs, une fois sous l'eau, j'oublie complètement cette fichue otite, captivée que je suis par les spectaculaires changements de couleur et de texture d'une bien-nommée seiche flamboyante.



11_seicheTrès timide, elle se laisse cependant approcher, sans fuir, par nos objectifs. Il suffit d'agiter doucement la main au-dessus de la seiche, pour voir passer des vagues de gris, jaune et rouge sur sa peau, qui semble ainsi ondoyer au moindre de nos mouvements dans l'eau.



Le sujet est, naturellement, bien difficile à capter en photo. Mon autofocus a du mal à jauger la mise au point correcte avec toutes ces variations de couleurs, rapides comme l'éclair, parfois fugaces parfois durables, et soudain remplacées par un hérissement épidermique verruqueux...



Très très bizarre, comme bestiole. Mais tellement fascinante, que Teresa et moi restons finalement plus longtemps sous l'eau, pour d'ultimes photos, vidant nos bouteilles et laissant notre guide Atu, transi, remonter se réchauffer sur le bateau.



0433_SulawesiMais de toutes les créatures rencontrées dans le détroit de Lembeh, ma préférée reste le clown ou painted frog-fish.



De taille modeste, jaune avec de belles taches rouge carmin, il arpente vaillamment le fond de sable noir sur ses petites nageoires pectorales devenues pattes. Totalement indifférent à l'émoi qu'il provoque en nous, ignorant superbement les regards passionnés dont nous le couvons, il trace sa route. Apparemment pas plus incommodé que ça par nos bulles et nos flashes. À moins que sa petite randonnée ne soit en réalité qu'une fuite éperdue?



On se relaye devant l'adorable bestiole, qui a l'heur d'être immortalisée, de longues minutes durant, sous toutes les coutures.

mercredi 4 juillet 2007

Les créatures étranges du détroit de Lembeh

01_vueZE VIEW !!!!!
Vue imprenable sur la baie, côté océan, depuis la terrasse de mon bungalow au Divers Lodge...

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J'ai déménagé avant-hier sur l'île de Lembeh, située sur la côte ouest du Nord-Sulawesi, juste en face du gros port de Bitung. Rob, le Hollandais qui dirige avec sa femme indonésienne Linda le Divers Lodge, où je vais séjourner, est venu me chercher au port de Manado.



J'avais fissa réservé depuis la France, juste avant de partir, un petit package « 3 jours de plongée + 4 nuits » via son site internet, ayant appris, lors de mes échanges d'e-mails avec Christiane de Froggies que Rob était complet pour le mois de juillet à partir du 6...



0581_SulawesiBigre! Je l'ai échappé belle. Moi qui pensais me pointer comme ça et aviser sur place, comme je le fais souvent, j'ai bien failli rater l'occasion de plonger dans le détroit de Lembeh. Et ç'eût été bien dommage, vraiment. Ce seront les plongées les plus extraordinaires de mon séjour à Sulawesi...



À Lembeh, il n'y a quasiment que des resorts luxueux, pas dans mes moyens. Divers Lodge est l'une des rares structures de plongées abordables, avec le Sulawesi Dive Quest voisin.



Le petit resort de Rob est un havre de paix, niché au milieu de la verdure. Ses jolis bungalows en bois, aménagés avec goût, sont pourvus de tout le confort (vraie douche et eau chaude, aaaahh!). Ils ont tous d'immenses baies vitrées avec vue exquise sur la petite baie aux eaux jade, côté océan, bordée de cocotiers. Je savoure la quiétude des lieux. Luxe, calme et volupté... Délicate attention pour les photographes: il y a une multiprise dans la chambre, pour recharger les batteries.



02_hippocampeUn hippocampe timide, planqué dans de petites algues jaunes.
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Au Divers Lodge, on vit en vase clos, entre plongeurs, car le resort est isolé sur la partie sud de l'île de Lembeh. Je m'entends tout de suite bien avec Teresa, une Suisse de Zurich, très marrante, qui vient ici depuis de nombreuses années faire de la photo sous-marine.



C'est une mordue, qui totalise plus de 700 plongées dans le détroit... Teresa est équipée d'un appareil nettement plus imposant que le mien, avec caisson et flash high-tech. Elle fait de fabuleuses images, qu'elle met en ligne, elle aussi. Son site perso, ici: Starfish.ch



IMG_0469Ci-contre, le très recherché “hairy frog-fish”.
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La plongée dans le détroit de Lembeh diffère totalement de celle de Bunaken.



Ici, c'est de la muck dive, littéralement « plongée-gadoue », c'est-à-dire qu'on plonge non pas sur des tombants ou un récif, mais sur un fond de sable, ici noir volcanique, dans une eau très chargée en particules et débris.



Et en palmant en douceur, au-dessus de ce fond pas très net, on découvre mille et une créatures sous-marines des plus bizarres, comme on n'en trouve nulle par ailleurs, planquées dans les débris ou sous le sable...



0501_SulawesiUn frog-fish en pleine action. Coup de bol, j'ai déclenché pile au bon moment. Quand il ouvre sa gueule pour happer sa proie par brusque aspiration d'eau, cela dure une fraction de seconde!
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C'est tout à coup une feuille qui se met à nager (poisson-feuille), un hippocampe qui se détache subrepticement d'un bout d'algue jaune, un poisson-scorpion qui émerge d'un nuage de sable gris, un poisson-crapaud ou poisson-grenouille, dit antennaire en bon français, à peine visible contre un bout de caillasse, qui agite son leurre, sorte de mini-canne à pêche accrochée à sa tête, qui lui permet d'attirer ses proies à proximité de sa gueule.



Là encore, l'œil exercé de nos guides indonésiens est indispensable... Teresa et moi avons un guide et un bateau pour nous toutes seules. C'est, comme chez Froggies, de la plongée grand luxe, je dois dire.



Atu, notre guide (à gauche), prend bien soin de toujours mettre une cagoule. Comme ça, il ne chope pas d'otite, lui...
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Notre guide Atu, est un jeune Indonésien à l'anglais hésitant, mais super doué pour dénicher les bestioles que nous voulons. Ces dames désirent un hairy frogfish (poisson-grenouille poilu ou chevelu, comme on voudra) pour la plongée du matin? Qu'à cela ne tienne, il suffit quasiment de lui passer commande pour avoir la bébête... Atu trouve tout!



Lembeh, c'est vraiment le paradis des photographes sous-marins. Je me régale, malgré l'eau plutot froide en cette saison, 26-27 degrés maximum (je sors en frissonnant à chaque plongée, dans ma trop fine combi de 3 mm) et toutes ces particules en suspension, qui m'ont filé une otite (que je soigne, avec les gouttes appropriées, qui portent ici le nom évocateur d'Ottopain).

dimanche 1 juillet 2007

Dernières bulles à Pantai Liang


Déjà mon dernier jour à Bunaken! J’ai de nouveaux voisins, au Nyiur Melambai: Olivier et Ariane, et leur trois filles, Alizé, Flore et Jade. Des Grenoblois qui arrivent de Bali. Nous prenons nos repas ensemble le soir dans le grand resto désert et sympathisons vite.

Je suis un peu triste à l’idée de partir demain. Je commence déjà à prendre mes petites habitudes ici. À me faire aux moustiques (niamouk), à la douche fraîche et salée du mandi (dur d’avoir de l’eau douce sur cette île!), au poisson grillé-riz du soir, au fabuleux buffet du midi chez Froggies, à la gentillesse inépuisable des gens du coin.

Ça me plaît bien, l'île de Célèbes alias Sulawesi... En tout cas, le peu que j'ai pu voir, en cinq petits jours, du Nord-Sulawesi (c'est-à-dire, pour l'instant, un bout d'île minuscule, des rues embouteillées lors de la traversée de Manado et la route de l'aéroport). Peu ou pas de femmes voilées, ici: on est dans une enclave chrétienne, dans le plus grand pays musulman du monde. Des tas d'églises kitschissimes bordent les routes: beaucoup d'adventistes, d'évangélistes, quelques édifices catholiques. Le gouvernement a bien tenté d'édifier des mosquées dans chaque ville et village chrétiens, mais elles restent vides, faute de fidèles... Sur la route, on croise des voitures qui affichent sur leur pare-brise « Jesus is my pilot ». Il paraît que même le logo de la fameuse pub Pentium « Intel inside » a été ici détourné en « Jesus inside »...

nuitJe suis allée me balader vite fait, hier soir, avant la tombée de la nuit (et elle tombe tôt, sous ces latitudes, dès 18h-18h30), dans le minuscule village situé au-dessus de “ma” plage, celle de la côte ouest de Bunaken, appelée Pantai Liang.

Il faut gravir un long escalier un peu raide, puis suivre le chemin entre les bananiers et les cocotiers. Des bicoques branlantes avec poules qui picorent dans la cour, sur le pas de la porte, alternent avec de pimpantes maisonnettes pourvue d'un gros téléviseur et de mobilier de salon cossu, qu'on aperçoit par les portes-fenêtres ouvertes.

Je ne sais si c'est parce qu'on était samedi soir, mais chacun avait mis sa sono à fond... Ambiance karaoké au village ! Les gens étaient un peu surpris de me voir passer là, mais chacun y allait de son « hello! » et petit geste de la main affable. J'ai compté trois églises, rien que pour cette poignée de maisons.

bunaken_churchJe n'ai pas eu le temps de me rendre dans le “bourg” de Pantai Pangalisang, la plage-mangrove située sur la pointe est de l'île. Mais en passant au large, avec le bateau de plongée, on aperçoit bien une grosse construction façon gâteau d'anniversaire, une autre église...

J’essaie d’apprendre quelques mots d’indonésien supplémentaires, mais mes progrès sont lents… Le soir, je suis trop crevée pour les devoirs de vacances et les exercices linguistiques. D'autant que je suis en train d'échafauder la suite de mon séjour.

Après de longues discussions avec Ariane et Olivier, qui, comme moi, n'ont rien planifié de définitif, et sur les conseils avisés de Tommy, l'Indonésien qui dirige Froggies avec Christiane, nous décidons de renoncer au parc naturel de Tangkoko, infesté, nous a-t-il dit, de moustiques et de redoutables moucherons qui piquent façon sandflies (piqûres sans gravité, mais qui démangent terriblement)...

Tomohon, dans les montagnes, à proximité de Manado, nous semble une étape nettement plus sympathique : il y a des volcans plus ou moins endormis, des lacs, donc un lac de souffre, et de chouettes balades à faire, accessibles à toutes les jambes.

SeahorseC'est décidé. J'ai encore prévu de consacrer trois jours à la plongée en ce début de séjour, mais sur l'île de Lembeh, où je déménage demain.

Située sur la côte est de la pénisule, l'île est à un peu plus d'une heure de route de Manado, puis une vingtaine de minutes de bateau depuis le port de Bitung. Après, j'irai donc me mettre au vert un-deux jours à Tomohon, pour sécher un peu et voir autre chose que des poissons. En même temps, je ne m'en lasse pas, de la poiscaille (sauf dans mon assiette)... Et je ne suis pas peu fière d'avoir réussi, après moult essais infructueux, le cliché de ce minuscule hippocampe, ci-dessus, pas plus gros que l'ongle de mon petit doigt...

0100_SulawesiIl refait beau, je profite allégrement des dernières bulles à Bunaken. La faune de tous ces tombants est nettement moins spectaculaire que sur celui de Sipadan, dans la même mer de Célèbes, au large de la partie malaise de Bornéo. Mais il y a tout de même de quoi bien s'amuser ici avec le “petit”.

Une grosse tortue est venue me dire au revoir. Un peu malgré elle, la pauvre. Elle m'est passée sous le nez, brusquement tirée de sa petite sieste dans une cavité du tombant, par mes flashes répétés. Je lui bloquais la sortie, accaparée comme je l'étais par les détails exquis d'un nouveau nudibranche et le focus récalcitrant de mon mode macro... Inutile de dire qu'elle a filé fissa dans le bleu sans demander son reste!

samedi 30 juin 2007

Des tombants... à tomber !

leaffishCes deux premiers jours ont filé à toute vitesse. Les plongées sont à la hauteur de mes attentes: des tombants couverts d’une variété de corail incroyable.

Côté faune, toute la panoplie tropicale colorée est bien là. Poissons-papillons, rascasses, nudibranches, poissons-anges, les très recherchés poissons-feuilles, roses ou blancs, sont nombreux… Très peu de “gros”, sinon quelques tortues et napoléons, ainsi qu’une jolie raie aigle, triangle noir gracieux aperçu au loin dans le bleu, trop loin, hélas, qui semble “voler” sous l’eau.

La première journée était chaude et ensoleillée. Mais cette nuit, la pluie est revenue, aux petites heures de la nuit.

Des rafales de vent font grincer les cocotiers. Le bruit du ressac est impressionnant. Il y a de vraies marées ici. Qui isolent mon bout de plage quand la mer est haute. Un ciel gris et cotonneux s’est installé au-dessus de la baie. Que je contemple à loisir depuis la terrasse de mon bungalow en surplomb.

SalimLe temps gris ne nuit pas à la qualité des plongées. Sorties d’exploration grand luxe, avec un guide pour moi toute seule, Salim. Il a l’œil pour repérer les plus minuscules des bestioles. Suspendus au-dessus du bleu, nous flottons devant les tombants, grouillants de vie.

La visibilité est plutot bonne, voire très bonne. Une vague sensation de vertige et le sentiment très fort de n'être qu'une toute petite chose qui fait des bulles, à quelques mètres de la surface, alors qu'en-dessous le “mur” descend à n'en plus finir...

NudivertnoirJe me réhabitue au maniement de l’appareil-photo sous l’eau en immortalisant un nudibranche vert électrique. Je n'en avais encore jamais vu, un comme celui-là !

Je partage les deux premiers jours le bateau avec Bettina, une Allemande très sympa qui voyage seule, comme moi. Elle est partie aujourd’hui pour Gangga island, une autre ile réputée pour la plongée, à deux heures de navigation au nord de Bunaken. Elle a cassé sa tirelire pour s'offrir Gangga. Sur cette île, il n'y a, semble-t-il, qu'un seul resort de plongée, pour des séjours grand luxe. Bettina s'en délectait d'avance !

À partir de demain, je serai sur le même bateau que Bert et Jeane, les Australiens qui n'aiment pas trop le fromage qui pue... La cinquantaine, gentils et courtois, mais nettement moins volubiles que Bettina.

Au retour, on “débriefe” les plongées avec nos guides, munis de bouquins d'identification de la faune sous-marine, en dévorant des gâteaux tout frais sortis du four. Comme tous les livres sont en anglais, le petit jeu consiste pour moi à retrouver les noms des bestioles en français.

enfantsLes plongées occupent la majeure partie de la journée. À part mon bout de plage, je n’ai pas vraiment le temps d’explorer le reste de l’île.

Tout le monde se connaît ici, c’est tout petit. Les gens sont adorables, me saluent le matin d’un « pagi » nonchalant, m’interpellent par mon prénom. Les gosses qui jouent au bord de l’eau prennent avec joie la pose quand je sors mon appareil.

mercredi 27 juin 2007

Arrivée à Sulawesi : cap sur l'île de Bunaken

Bunaken_AvionL'île de Bunaken, aperçue par le hublot de l'avion de Silk Air, filiale de Singapore Airlines.
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Et voilà. J’y suis. Par le hublot de l’avion, je découvre Sulawesi, et l’île de Bunaken, où je vais passer les cinq premiers jours...

Arrivée un poil flippante : il fait beau au-dessus de la baie, mais un gros nuage pluvieux s’est installé sur l’aéroport de Manado. Le pilote tente une première approche. On frôle, un peu trop, à mon goût, deux montagnes couvertes de jungle, avant d’entrer dans une purée de pois grise. Puis l’avion se cabre, remonte d’un seul coup, sort du nuage et repart pour un grand cercle côté soleil, au-dessus de la mer et des îles qui forment le parc national maritime de Bunaken. Avant de retourner vers le nuage d’orage, pour une seconde tentative. Le pilote recommencera la manœuvre deux ou trois fois, après nous avoir courtoisement annoncé que la visibilité était vraiment trop pourrie au-dessus de la piste… Bigre.

Un as, ce pilote ! On a fini par se poser, en douceur, sous la pluie battante. Un soulagement pour tout le monde. Autour de moi, les visages crispés se détendent.

Après, c’est facile. Je règle mes 25 USD de visa pour 30 jours, passe la douane, récupère mes sacs et trouve comme prévu, avec son petit panneau, le gars de Froggies (le centre de plongée de Bunaken avec lequel j’ai pris contact par e-mail avant le départ), dans la foule qui guette les passagers à la sortie. Il fait chaud, bien moite. La pluie a cessé. Une nuée de gamins armés d'énormes parapluies arc-en-ciel n'en continue pas moins de se précipiter sur les voyageurs qui sortent de l'enceinte de l'aéroport pour prendre un taxi. Les chauffeurs chassent les gosses sans ménagement. Rien n'y fait !

Manado Tua, l'île-volcan qui fait face à Bunaken.
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Traversée en voiture de Manado, grosse ville bétonnée sans grâce, mais très animée. Ensuite, une heure de bateau pour rejoindre Bunaken.

Le bateau en question est en fait celui qui ravitaille Froggies en nourriture et surtout en eau. Le profil de la côte et des îles est pentu, volcanique, couvert d’une végétation tropicale dense et exubérante.

Je suis chaleureusement accueillie à l’arrivée à Pantai Liang, la plage ouest de l'île, par Christiane. Franco-italienne, polyglotte, elle a constitué le centre de plongée Froggies il y a 15 ans, avec du personnel indonésien, et a formé elle-même les guides qui nous accompagnent sous l’eau. Elle a toujours des tas d’histoires incroyables et d’anecdotes marrantes à raconter, le soir, quand les clients se retrouvent autour de la table pour dîner.

À ma demande, elle m’a arrangé l’hébergement au Nyiur Melambai, une homestay voisine, ou les nuitées (120 000 Rp, soit près de 10 €) sont moins chères que chez Froggies. J’y prendrai également les petits-déj’ et les dîners, compris dans le tarif. Dîners copieux mais monotones : riz et poisson grillé au menu tous les soirs, avec quelques variantes, parfois, dans l’assortiment de légumes (haricots ou épinards, épinards ou haricots). Envie de changement ? Suffit d'alterner entre la bouteille de ketchup et celle de chili sauce... Heureusement, je me rattraperai le midi avec les supers buffets de Froggies.

bunakenbeachCe soir, je suis la seule cliente de l’immense resto de Nyiur Melambai, installé sous un grand toit en tôle, à même le sable.

Ici, comme à Tioman, en Malaisie, le récif corallien devient mangrove par endroit, sur la plage : des arbres poussent dans la mer. Atmosphère familiale et paisible dans ma guesthouse. Deux vieilles dames charmantes tiennent le resto, aidée par un tas d’autres gens qui doivent être de la même famille. Tout le monde est aux petits soins pour moi, me fait de grands sourires, faute de pouvoir vraiment converser. Seul un jeune gars (un neveu, un cousin, un petit-fils?) baragouine quelques mots d’anglais.

Après le poisson-riz, je file chez Froggies, à deux pas, faire connaissance avec les autres plongeurs. Ce soir, c’est fête: des clients ont apporté du fromage à Christiane, et je ne suis pas la seule à avoir pensé à amener une bouteille de vin. Le repas s'achève donc gaiement, à la francaise, sous les sourires bienveillants d’un couple d’Australiens, Jeane et Bert, qui goûtent poliment le french cheese… avec nettement moins de gourmandise que Christiane.

bungiL’ambiance est assurée par le staff indonésien, personnel du resort et guides, qui poussent la chansonnette, accompagnés de guitares et percussions diverses. Chansons du répertoire traditionnel local, qui ont parfois des accents quasi océaniens. Sous ces latitudes, dans la mer de Célèbes, on n'est plus si loin du Pacifique...

Chaque soir, nous aurons droit à ce petit concert bien sympa. Ce n’est pas seulement pour le folklore. Je m'apercevrai, durant les jours à venir, que tous les gens du coin adorent chanter, à tout moment, sur le bateau, dans le village, à la pêche, durant leurs activités de la journée…

Je suis crevée et je rentre tôt à mon bungalow, récupérer de ce long voyage. Confort spartiate : lit, ventilo, mandi (bac d'eau et gamelle avec laquelle on s’asperge pour se laver). Au lit ! Demain, je plonge sur les fameux tombants de Bunaken.

mercredi 28 février 2007

Prochaine destination... Sulawesi ?

Sulawesi

Après mon escapade malaise de l'été 2006 jusqu'à la pointe nord-est de Bornéo (île de Sipadan), je me sens l'envie de retourner tremper mes palmes dans la mer de Célèbes.

Encore un peu plus loin vers l'Orient, ce coup-ci : sur l'île indonésienne de Sulawesi. En visant précisément le Nord-Sulawesi.

Le coin est réputé pour ses sites de plongée exceptionnels : à l'ouest, l'île de Bunaken et son archipel, qui forment un parc maritime protégé ; à l'est, le détroit de Lembeh; au nord, Bangka island, et beaucoup plus au large, Gangga island.

Je parcours les sites web en quête d'infos et le Sulawesi-Nord vaut manifestement le détour. Mais le sud de l'île aussi ! Il y a des excursions fantastiques à faire dans la campagne et les rizières autour de Rantepao, pays du peuple Toraja...

Pour l'heure, place au rêve, en attendant les vacances de juillet. Les rêveries d'avant le départ font aussi partie du voyage !

vendredi 2 février 2007

Dans la frénésie de Bangkok

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Khao San Road, la rue des touristes, toujours aussi animée...

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Me voici revenue à Bangkok, et non sans plaisir, je dois dire... Ah! le retour à la civilisation, ça a du bon : fini les moustiques et vive les connexions internet rapides, les restos, les rues animées, et les boutiques dignes de ce nom !!! Ceci dit, je suis bien frustrée dans mon élan de fièvre acheteuse : je ne sais pas si ce sont les plongées qui m'ont narcosé les neurones, mais après trois semaines sous les cocotiers, j'ai réussi à oublier le code secret de ma carte bleue...



IMG_0774Bref, je me suis plantée trois fois en essayant de le taper, ce fichu code, pour retirer de l'argent, car je pensais m'accorder un après-midi de shopping bien mérité... Las, le distributeur m'a bien évidemment (à la troisième erreur) mangé la précieuse carte. J'ai heureusement pu la récupérer auprès de la banque, qui était ouverte, avec un préposé bienveillant derrière le guichet : ouf ! Sauf que maintenant, la carte, même avec le code, elle ne marche plus. Elle est bloquée automatiquement par sécurité... J'ai changé les quelques euros que je gardais au cas où et j'ai de quoi survivre sans problème jusqu'à demain. Mais pas d'achats futiles pour le coup. C'est rageant!



IMG_0779Je me suis consolée en me baladant. Les rues de Bangkok, c'est mieux que la télé. Le spectacle est permanent et gratuit, entre les petits restos de rues, les vendeurs ambulants, la bouffe étrange et plus ou moins non identifiée qui te passe sous le nez, les touristes perdus, les chauffeurs de tuktuk qui se précipitent dessus, les bradeurs de T-shirts et fripes, les dealers de CD copiés, les magasins de bondieuseries ou les bouddhas dorés trônent en vitrine emballés dans du plastique, les chants monotones des moines dans le petit temple qui sépare la rue de ma guest-house de Khao San Road...



Bizarre... je ne me sens pas tellement l'envie de reprendre l'avion du retour, demain!

mardi 30 janvier 2007

La cascade au bout du chemin

IMG_0570À Koh Haa, une tortue pointe le bout de son bec...
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Toujours ni requin-baleine ni raies mantas lors des deux précédents jours de plongée... Une bien jolie tortue, en revanche, qui a pointé le bout de son bec sur un récif de corail à Koh Haa.

Le séjour s'amenuise : je replonge une ultime fois demain, puis je me donne un jour de battement pour sécher avant de reprendre, vendredi, l'avion pour Bangkok à Krabi airport. Et samedi 3, retour en France...



Aujourd'hui, mini expédition dans la jungle pour aller à la cascade, dans le sud de Koh Lanta, plus sauvage, peu après l'endroit où la route en dur devient une route en terre. Il faut alors s'engager sur un autre chemin de terre rouge vers la gauche, signalé par un panneau “waterfall”.



IMG_0671J'étais prévenue, en saison sèche, ladite cascade est réduite à un maigrelet filet d'eau. Mais qu'importe, c'est la balade sous les arbres qui vaut vraiment la peine. On est au frais, dans la verdure, et on suit le ruisseau, dans lequel on marche parfois, quand le sentier disparaît. Balade les pieds dans l'eau, rafraîchissant. Une petite demi-heure plus tard, sous la canopée tropicale, avec troncs immenses et feuilles énormes, on arrive à une espèce de mur rocheux en arc de cercle, d'où ruisselle, en effet, une vague "cascade".



J'ai de la chance, j'ai réussi à ne pas m'y trouver en même temps que d'autres groupes de touristes. L'endroit est frais, paisible. Je fais une petite pause, au milieu des bruits de la forêt et du clapotis de l'eau, avant de m'en retourner vers Bamboo Beach, belle plage tranquille.